L’activiste politique, Steve Amoussou, supposé « Frère Hounvi » devrait recouvrer sa liberté ce jeudi 20 août 2026, date à laquelle il aura purgé la peine de 24 mois de prison ferme prononcée à son encontre par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CIET). L’annonce a été faite par Bip radio.
Après deux années de détention, Steve Amoussou devrait recouvrer la liberté ce jeudi 20 août 2026, après son interpellation à Lomé au Togo en août 2024.
Une affaire née à Lomé en août 2024
L’affaire Steve Amoussou remonte au mois d’août 2024. Dans la nuit du 12 août, alors qu’il résidait dans la capitale togolaise, il avait été appréhendé par plusieurs individus avant d’être conduit de force au Bénin. Ses avocats avaient dénoncé un enlèvement. Les autorités togolaises avaient, elles aussi, évoqué l’enlèvement d’un ressortissant béninois sur leur territoire.
Le dossier initial portait sur une présumée escroquerie de 10 millions de francs CFA. D’après les éléments présentés devant la CRIET, un Béninois vivant à l’étranger aurait fait appel à des intermédiaires pour retrouver Steve Amoussou, qu’il accusait de ne pas avoir exécuté une prestation.
Les personnes impliquées dans son interpellation à Lomé ont par la suite été poursuivies au Bénin. Le 3 septembre 2024, Jimmy Gandaho et Géraud Gbaguidi ont été condamnés à 24 mois de prison, dont 12 mois ferme. Ouanilo Médégan Fagla a, pour sa part, été relaxé au bénéfice du doute. La CRIET avait également accordé cinq millions de francs CFA de dommages et intérêts à Steve Amoussou.
Le volet « Frère Hounvi »
Au cours des investigations menées après son interpellation, Steve Amoussou a été associé au pseudonyme « Frère Hounvi », utilisé par un chroniqueur politique très critique contre le régime de l’ex président Patrice Talon. La justice béninoise a alors engagé une seconde procédure contre lui. Steve Amoussou a toujours contesté être l’auteur des chroniques publiées sous ce pseudonyme.
Dans cette affaire, le parquet spécial de la CRIET l’a poursuivi pour harcèlement par voie électronique, initiation et diffusion de fausses nouvelles et provocation directe à la rébellion. À l’audience, le prévenu a plaidé non coupable.
Une condamnation de deux ans en première instance
Le 14 avril 2025, le parquet spécial avait requis deux ans de prison ferme et un million de francs CFA d’amende. Le 2 juin 2025, la chambre de jugement de la CRIET a condamné Steve Amoussou à deux ans de prison ferme et à un million de francs CFA d’amende.
Avant de rendre sa décision, la juridiction avait toutefois requalifié les faits. Les infractions initialement retenues avaient été ramenées à celles d’« injure avec motivation politique » et d’« initiation et diffusion de fausses nouvelles ».
La peine confirmée en appel
Le parquet spécial et la défense avaient tous deux fait appel de la décision. Après plusieurs reports, la chambre des appels de la CRIET a rendu son verdict le 15 décembre 2025. Elle a écarté la qualification retenue en première instance et retenu de nouveau les infractions de harcèlement par le biais d’une communication électronique, de publication de fausses nouvelles et d’incitation à la rébellion.
Cette nouvelle qualification n’a pas entraîné de modification de la peine. Steve Amoussou a été condamné à 24 mois de prison ferme et à deux millions de francs CFA d’amende.
À l’issue du verdict, son avocat, Me Aboubakar Baparapé, avait indiqué que la défense n’envisageait pas de se pourvoir en cassation.
Après avoir purgé l’intégralité de sa peine, Steve Amoussou devrait ainsi retrouver sa liberté ce jeudi 20 août 2026.
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