Port de Cotonou : le Burkina Faso devient le 1er marché du transit, le Niger s’efface mais résiste par le pétrole

Le Port Autonome de Cotonou (PAC) affiche un trafic en forte hausse à 14,7 millions de tonnes en 2025 contre 9,6 millions en 2024, soit plus de 52% de progression en un an. Cette hausse est portée par les flux d’hydrocarbures vers le Burkina Faso. Le transit se recompose vers Ouagadougou, Lagos et N’Djamena, a annoncé la direction commerciale lors du PAC Média Connect 2026. Ce fut l’occasion pour les médias conviés à ce rendez-vous annuel initié par les responsables du PAC de mieux connaître le fonctionnement du PAC, poumon de l’économie béninoise.

Mis en difficulté par les relations tendues entre Cotonou et Niamey avec la fermeture de la frontière depuis fin 2023, la plateforme portuaire béninoise a souffert avant de trouver le moyen de réorienter progressivement ses flux vers de nouveaux marchés. Selon les chiffres communiqués par M. Kévin Potier, directeur commercial du PAC, lors de la 2e édition de Média Connect, le Burkina Faso s’est imposé depuis 2025 comme l’un des principaux débouchés.

Près d’un million de tonnes de marchandises, essentiellement des hydrocarbures, ont transité par Cotonou à destination de ce pays. « L’année dernière, 39,2% du trafic était en transit, dont 16% à destination du Burkina Faso », a-t-il précisé.

Dans cette nouvelle carte, le Nigeria arrive en deuxième position. Le géant ouest-africain, dont les ports restent confrontés à une congestion chronique, profite de la proximité de Cotonou. Le PAC cherche à capitaliser sur cet avantage pour renforcer son positionnement face à la concurrence féroce dans le golfe de Guinée.

Le Tchad est la prochaine cible. Si les volumes restent encore faibles, Cotonou dessert déjà le marché tchadien et ambitionne de devenir une porte d’entrée alternative à Douala, dont le corridor reste contraint. En juillet 2025, une délégation du Conseil des chargeurs du Tchad avait effectué une visite de travail à Cotonou.

Le Niger, lui, n’a pas totalement disparu. Le flux s’est inversé : Niamey utilise désormais la plateforme de Sèmè-Podji, à 20 km de Cotonou, pour exporter son pétrole. Près de 4,3 millions de tonnes de brut ont été traitées sur ce terminal en 2025.

Cette diversification s’accompagne d’une forte reprise. Après être retombé à 9,6 millions de tonnes en 2024, le trafic global est remonté à 14,7 millions de tonnes en 2025, dont 9 millions à l’import et 5,7 millions à l’export. Le trafic conteneurisé a dépassé les 500 000 EVP.

La tendance se confirme en 2026. Au premier semestre, 7,7 millions de tonnes ont été manutentionnées, dont 2,87 millions à l’export contre 2,16 millions un an plus tôt. Sur les 8 premiers mois, le trafic cumulé dépasse déjà les 10 millions de tonnes. Sur la base d’une croissance de 10 à 15%, le PAC pourrait atteindre 16 à 16,5 millions de tonnes fin 2026.

Il faut préciser que cette dynamique est soutenue par un programme d’investissement lancé en 2021 : 12 projets majeurs pour près de 500 milliards FCFA (859 millions USD). Objectif à terme : 25 millions de tonnes et plus d’un million d’EVP.

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