À un mois du troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou, la sécurité aérienne s’ajoute au bilan des promesses russes. Air Tanzania a suspendu puis rétabli sa liaison. L’Europe déconseille de voler dans l’ouest de la Russie. Et les échanges restent loin de l’objectif annoncé en 2019.
Air Tanzania, un signal africain
Début septembre, Air Tanzania a suspendu ses vols entre Dar es Salaam et Moscou à compter du 4 septembre, avant d’annoncer, quelques heures plus tard, leur reprise pour le 7. La compagnie a invoqué une évaluation des risques liés à l’exploitation de la liaison, sans préciser les éléments ayant motivé ce revirement.Cette brève suspension souligne les incertitudes qui pèsent sur la desserte de la capitale russe. Pour les délégations africaines attendues au sommet, la sécurité du voyage s’ajoute désormais aux enjeux diplomatiques de la rencontre.
Une alerte jusqu’en janvier 2027
L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) déconseille aux compagnies relevant de son champ d’application de voler dans l’espace aérien russe à l’ouest du 60ᵉ méridien est, quelle que soit l’altitude. La région de Moscou fait partie des cinq zones concernées. Actualisée le 24 juillet 2026, cette alerte reste valable jusqu’au 31 janvier 2027.L’agence pointe le risque qu’un avion civil soit pris pour une cible militaire, ainsi que les dangers liés à l’activation des défenses antiaériennes et au brouillage des systèmes de navigation par satellite. Elle relève que la plupart des incidents se sont produits dans des espaces maintenus ouverts au trafic civil pendant des attaques de drones ou des opérations de défense antiaérienne. Cette alerte ne constitue toutefois pas une interdiction générale des vols vers Moscou.
Deux drames, 336 morts
Le 17 juillet 2014, le MH17 a été détruit par un missile Buk au-dessus de l’est de l’Ukraine : 298 morts. Le 25 décembre 2024, l’accident d’Azerbaijan Airlines près d’Aktau, au Kazakhstan, a fait 38 morts. En octobre 2025, Vladimir Poutine a reconnu que des missiles russes avaient explosé à proximité de cet appareil lors d’une riposte contre des drones.Ces catastrophes totalisent 336 victimes. Elles concernent des lieux et des circonstances différents : ce total ne mesure pas la probabilité d’un accident à Moscou. Il rappelle les conséquences possibles de la coexistence entre aviation civile et opérations militaires.
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