La majorité des Béninois interrogés par Afrobarometer se prononce en faveur de la libre circulation des personnes dans la sous-région. Mais dans la pratique, franchir les frontières pour travailler ou commercer reste difficile pour une large part de la population.
Au Bénin, la libre circulation transfrontalière des personnes recueille une large adhésion. Selon le rapport phare 2026 d’Afrobarometer, 74 % des Béninois interrogés sont favorables à la liberté de circulation, tandis que 26 % souhaitent une limitation des mouvements transfrontaliers.
Ces résultats sont présentés dans le troisième rapport annuel phare de l’organisation, intitulé « Au-delà des frontières : regards citoyens sur un ordre mondial en mutation ».
Une majorité favorable à la libre circulation
L’enquête s’est intéressée à la question de savoir si les personnes devraient être autorisées à franchir librement les frontières pour vivre et travailler dans d’autres pays de leur sous-région.
Au Bénin, près de trois personnes interrogées sur quatre répondent favorablement à cette possibilité. À l’inverse, 26 % estiment que les gouvernements devraient limiter les déplacements transfrontaliers, notamment pour protéger l’accès de leurs citoyens à l’emploi et aux opportunités.
La tendance béninoise est supérieure à celle observée à l’échelle des 38 pays étudiés. 56 % des répondants africains se déclarent favorables à la libre circulation, contre 40 % qui préfèrent une limitation des déplacements transfrontaliers.
Une liberté encore difficile dans les faits
L’adhésion au principe de la libre circulation ne signifie pas que les frontières sont facilement franchissables dans la pratique.
Dans les 38 pays couverts par l’étude, seuls 23 % des citoyens interrogés estiment qu’il est « facile » ou « très facile » de franchir les frontières pour travailler ou commercer. 63 % jugent cette démarche difficile.
Afrobarometer relève qu’aucun des pays étudiés n’enregistre une majorité relative de répondants considérant la circulation transfrontalière comme aisée.
Le Bénin s’inscrit dans cette tendance. Alors que 74 % des personnes interrogées se prononcent en faveur de la libre circulation, seulement 21 % estiment qu’il est très facile de franchir les frontières. Une proportion de 78 % trouve que cela reste très difficile.
Ces résultats mettent en évidence un décalage entre l’adhésion au principe de la mobilité transfrontalière et l’expérience des citoyens lorsqu’il s’agit de franchir effectivement les frontières pour travailler ou commercer.
Une enquête menée dans 38 pays africains
Le rapport « Au-delà des frontières : regards citoyens sur un ordre mondial en mutation » constitue le troisième rapport phare annuel d’Afrobarometer. Il a été présenté au public mardi 22 septembre 2026 à Cotonou.
Il s’appuie sur les données du Round 10 des enquêtes Afrobarometer, réalisées dans 38 pays africains entre janvier 2024 et septembre 2025, dont le Bénin.
À travers ce rapport, Afrobarometer examine les perceptions des citoyens africains sur plusieurs enjeux liés à l’évolution de l’ordre mondial, parmi lesquels les échanges commerciaux, les migrations, les relations avec les grandes puissances et le changement climatique.
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