Contrôle routier à Cotonou : Les Zém se ruent sur le droit-taxi pour se mettre en règle

Dans les bureaux dédiés à la délivrance du droit-taxi à Cotonou, les conducteurs de taxi-moto se succèdent ces derniers jours, dossiers sous le bras. Certains viennent déposer une demande. D’autres repartent avec une petite carte plastifiée, désormais appelée à remplacer le traditionnel papier attestant du paiement du droit-taxi.

Le bureau délocalisé du 13e arrondissement à Cotonou ne désemplit pas. Yémalin Sokènou, conducteur de taxi-moto depuis 2018, explique ce qui s’y passe : « Je viens de déposer le dossier pour le droit-taxi ».

Comme lui, plusieurs ‘’zémidjans’’ rencontrés sur place disent avoir entrepris les démarches pour obtenir ou renouveler ce document.

La pression des contrôles derrière l’engouement

La Police républicaine effectue de plus en plus de contrôles, notamment aux carrefours stratégiques de la ville de Cotonou. Les ‘’zémidjans’’ ne disposant pas du document attestant de leur droit à exercer l’activité de taxi-moto voient leurs motos arraisonnées, selon les témoignages. « Je quitte mon domicile vers 5 h chaque jour la peur au ventre, circulant tout en jetant des coups d’œil aux carrefours pour vite repérer d’éventuels contrôles et prendre des raccourcis », confie Yémalin Sokènou.

« Difficile d’exercer en toute quiétude sans le droit-taxi. Le taxi-moto est contraint de jouer au chat et à la souris avec la Police lors des contrôles routiers. Ce jeu de cache-cache nous fait perdre du temps », déplore Camille Cakpo. Ce conducteur de taxi-moto qui exerce le métier depuis l’époque des motos ‘’4 temps’’, soit environ 20 ans, explique qu’ « en évitant les carrefours stratégiques, fuyant les policiers, le “zémidjan” perd des gains ».

Pour Emmanuel Gbazaga, conducteur depuis 10 ans, cette situation a été le déclic : « Je m’acquittais parfois du droit-taxi. Je ne le prends pas chaque année. Si je prends, ça fait deux ou trois ans avant que j’y pense à nouveau ». Mais cette année, il est venu régulariser sa situation.

Cette pression intervient alors que la mairie de Cotonou a relancé le retrait des cartes de droit-taxi. Dans un communiqué daté du 17 août 2026, le Secrétaire exécutif de la mairie, Anges Paterne Amoussouga, informe les conducteurs et propriétaires de taxi-moto ayant payé leurs droits et taxes jusqu’au 30 juin 2026 que leurs cartes sont disponibles. Les bénéficiaires sont invités à les retirer les jours ouvrables, sur le lieu où leurs dossiers ont été déposés.

Une carte droit-taxi

« On se rendait à la mairie avec les papiers d’achat de la moto et séance tenante le papier de droit-taxi était délivré », se souvient Antoine Amoussou, conducteur depuis environ 19 ans.

Aujourd’hui, la procédure a évolué. Le demandeur doit notamment fournir une copie de sa carte CIP ou de sa carte d’identité nationale, les documents relatifs à la moto, un témoin et s’acquitter des frais de 5.300 FCFA. « On te remet ensuite un récépissé avec lequel tu reviendras 30 jours après pour le retrait du titre de droit-taxi, une carte », ajoute le conducteur de Zém.

Du récépissé à la carte : une attente parfois longue

Ce 28 août, Dhossou Sévérin Houédanou sort des bureaux du 13e arrondissement avec une carte. Il a déposé sa demande de droit-taxi au mois de mars. Avant ce retrait, il circulait avec le récépissé.

« C’est bien d’avoir le droit-taxi. Mais nous plaidons pour une diligence dans la délivrance de la carte. Ce serait plus aisé de l’avoir dans un bref délai que d’attendre près d’un mois voire plus », plaide-t-il.

« Avec le “laissez-passer” attestant que le “zémidjan” a entamé les démarches pour l’obtention du droit-taxi, certains agents de Police n’arraisonnent plus sa moto. D’autres, par contre, exigent la carte malgré la présentation du “laissez-passer” », raconte-t-il.

Alexandre Dansou, qui conduit depuis 1995, fait partie de ceux qui ont déjà retiré leur nouvelle carte. « Je félicite la mairie pour la nouveauté », lance-t-il, en comparant la petite carte plastifiée qu’il tient en main à l’ancien papier qui était délivré.

« Ceci maintenant, c’est une bonne initiative. C’est une carte très esthétique », ajoute Yémalin Sokènou.

« Même en temps de pluie, nous pouvons conduire sans avoir peur que le papier attestant du paiement du droit-taxi ne se déchire à cause des intempéries », souligne Emmanuel Gbazaga. Il invite les ‘’Zémidjan à s’acquitter du droit-taxi. « Cela participe, selon lui, au développement de la ville ».

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