À compter de l’année scolaire 2026-2027, toutes les filles béninoises inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général bénéficieront de l’exonération des frais de contribution scolaire. Si la mesure est saluée comme un coup de pouce à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, certains estiment qu’elle doit être accompagnée d’autres actions pour produire pleinement ses effets.
Le gouvernement béninois a élargi le dispositif de soutien à la scolarisation des filles. Dès la prochaine rentrée 2026-2027, les filles sont exonérées des frais scolaires dans tous les collèges et lycées publics du Bénin. « C’est un soulagement pour les parents. Les frais de scolarité représentent une charge pour certaines familles. Si l’État prend ces frais en charge, cela permet aux parents d’envoyer leurs filles à l’école », a confié Serge Mèdégan, parent d’élève.
En prenant cette mesure, l’objectif principal du gouvernement béninois est de renforcer l’accès des jeunes filles à l’éducation, de réduire les inégalités scolaires et de favoriser leur maintien à l’école. Pour Aimé da Silva, « une fille instruite a plus de chances d’être autonome, de connaître ses droits et de contribuer au développement de sa communauté ». « Même si ce n’est qu’une partie des dépenses des parents, cela peut faire une différence et permettre de garder une fille à l’école plutôt que de la retirer faute de moyens. Investir dans l’éducation des filles, c’est investir dans toute la société », a-t-il ajouté.
« J’ai déjà fréquenté avec plusieurs filles qui ont abandonné en pleine rentrée scolaire à cause des moyens financiers. Beaucoup de filles ont les capacités de réussir, mais quand les parents n’ont pas les moyens, ils préfèrent que l’enfant fasse autre chose. Cette mesure donne une chance aux filles d’aller à l’école et de terminer le secondaire », a déclaré Astrid Atikpahoun, étudiante en droit.
Selon l’institutrice Monique Gbègan, « une fille qui reste à l’école a davantage de possibilités de devenir autonome et de contribuer au développement de sa famille et de son pays. C’est un investissement dans l’avenir », a-t-elle déclaré.
Des défis restent à relever
L’arrêté interministériel portant généralisation de la mesure d’exonération des frais de contribution scolaire au profit des filles précise que les établissements publics recevront, en compensation, le montant de l’exonération accordée aux bénéficiaires. Le montant sera calculé notamment à partir « des effectifs validés des filles bénéficiaires » et des taux de contribution scolaire en vigueur ». La dépense correspondante sera imputée au budget du ministère de l’Enseignement secondaire.
« Je salue la décision, mais il faut que l’État puisse réellement assurer la compensation financière des établissements. Il ne faudrait pas que la gratuité entraîne des difficultés de fonctionnement dans les collèges et lycées », a relevé Jean Akoha, parent d’élève.
À en croire l’enseignant Luc Djidjoho, « la mesure peut favoriser le maintien des filles à l’école, mais elle risque aussi d’augmenter les effectifs dans les établissements ». « Il faudra accompagner cette décision avec suffisamment d’enseignants, de salles de classe et de matériel pédagogique », a-t-il confié.
Pour Eléonore Codjia, mère de famille, le problème de la scolarisation des filles ne se limite pas aux frais scolaires. « Il faut aussi lutter contre les grossesses en milieu scolaire, les mariages précoces, les violences et les abandons liés aux conditions sociales », a-t-elle souligné.
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