Les États-Unis ont intensifié vendredi leurs attaques contre l’Iran en frappant de nouveaux ponts et installations énergétiques et en provoquant l’effondrement d’une tour dans un port stratégique iranien, concrétisant les menaces du président Donald Trump de cibler les infrastructures afin de faire pression sur Téhéran pour qu’il relâche son emprise sur le détroit d’Ormuz.
L’Iran a lancé des missiles contre des pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient, notamment le Qatar, qui joue le rôle de médiateur dans ce conflit, et le Koweït, où l’une des usines de dessalement d’eau de ce pays désertique a été endommagée.
Le cessez-le-feu provisoire conclu le mois dernier a volé en éclats — bien que des efforts soient toujours déployés pour le sauver — et la région subit depuis plusieurs jours les échanges d’attaques entre les États-Unis et l’Iran, qui se disputent le contrôle de ce détroit vital pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Les responsables iraniens affirment que les récentes frappes américaines ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, de nouvelles victimes ayant été signalées vendredi.
Lorsque les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l’Iran le 28 février, Téhéran a fermé le détroit à la circulation maritime, une mesure qui a fait flamber le prix du pétrole et donné à l’Iran un levier important dans les négociations.
Le nombre de traversées du détroit est tombé à son plus bas niveau depuis trois semaines, selon un observatoire international du transport maritime, et le prix du pétrole a dépassé vendredi les 86 $ US le baril, se rapprochant de son plus haut niveau depuis un mois.
Dans un discours adressé jeudi au public américain, M. Trump a insisté sur le fait que la guerre se déroulait bien. «Nous remportons également une grande victoire en Iran, et vous en verrez les fruits très, très prochainement», a-t-il déclaré.
Avant le début de la guerre, les États-Unis étaient en pourparlers avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire. Donald Trump subit désormais des pressions politiques pour mettre fin à la guerre et éviter le type de conflit prolongé au Moyen-Orient contre lequel il avait initialement fait campagne.
Des ponts touchés
Les frappes aériennes américaines ont touché, dans la nuit de jeudi à vendredi, des ponts dans la province d’Hormozgan, au sud de l’Iran, faisant au moins sept morts, selon la télévision d’État iranienne. Les attaques ont visé Bandar Khamir, une ville située sur la côte iranienne, au bord du détroit d’Ormuz.
Les frappes contre les ponts routiers et ferroviaires semblaient viser à isoler Bandar Abbas, le principal port iranien, des routes menant à la région centrale de la République islamique et à Téhéran, la capitale.
Bien que d’autres axes restent ouverts, les frappes américaines pourraient s’étendre davantage, perturbant potentiellement à la fois le transport de matériel militaire et celui des marchandises nécessaires aux 90 millions d’Iraniens.
L’Iran a reconnu pour la première fois vendredi avoir subi des «attaques contre des infrastructures électriques» lors de la campagne de frappes aériennes américaines. Son ministère de l’Énergie a appelé la population à réduire sa consommation d’électricité dans les provinces du sud «touchées par une chaleur extrême». Le ministère n’a pas précisé si les attaques visaient des centrales électriques, des lignes de transport d’électricité ou d’autres équipements.
Une tour s’effondre
Le Commandement central de l’armée américaine a déclaré avoir frappé des dizaines de cibles lors de ses dernières frappes aériennes, qui se sont achevées vendredi à l’aube, marquant une sixième nuit consécutive d’attaques américaines.
Ces frappes ont provoqué l’effondrement d’une tour du port iranien de Chabahar, situé dans le golfe d’Oman, a rapporté l’agence de presse officielle IRNA, avant que l’armée américaine ne le confirme par la suite. Cette voie commerciale revêt d’une importance stratégique pour l’Afghanistan voisin, qui est un pays enclavé.
Le port de Chabahar, que l’Iran exploitait avec le soutien de l’Inde, a été la cible répétée de frappes aériennes américaines.
L’Iran a indiqué que cette tour servait à superviser le trafic commercial entrant dans le port. Mais le Commandement central a affirmé qu’elle faisait partie d’un réseau de surveillance maritime utilisé par les Gardiens de la révolution, une force paramilitaire iranienne, pour «suivre et cibler» les navires commerciaux dans le détroit.
«La destruction de la tour affaiblit directement la capacité (de la Garde révolutionnaire) à coordonner des attaques contre des membres d’équipage civils innocents», a soutenu le Commandement central dans un message publié vendredi matin sur les réseaux sociaux.
Vendredi à 6 h du matin, les frappes américaines avaient fait au moins 38 morts et plus de 400 blessés en Iran, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Hossein Kermanpour.
L’Iran riposte au Qatar
Vendredi, le Qatar a averti à deux reprises la population de se mettre à l’abri alors qu’une salve de missiles iraniens visait le pays. Les habitants ont entendu des explosions au-dessus de leurs têtes tandis que les défenses aériennes tiraient pour intercepter les missiles. Le ministère de l’Intérieur qatari a indiqué qu’un enfant avait été blessé par la chute de débris.
Le Qatar, aux côtés du Pakistan, joue un rôle clé de médiateur pour tenter de mettre fin à la guerre en Iran.
L’Iran a également pris pour cible Bahreïn et le Koweït tôt vendredi matin. Au Koweït, les autorités ont indiqué que l’Iran avait attaqué une centrale électrique et une usine de dessalement d’eau, causant des dégâts importants à l’installation. Environ 90 % de l’eau potable du pays provient du dessalement.
Le Koweït a affirmé avoir maîtrisé l’incendie et s’employer à évaluer les dégâts et à remettre la centrale en service.
L’armée jordanienne a déclaré avoir intercepté vendredi matin trois missiles lancés par l’Iran.
Des explosions ont également été entendues vendredi matin à Erbil et à Souleimaniye, dans la région kurde semi-autonome du nord de l’Irak, alors que les défenses aériennes ripostaient aux tirs ennemis. L’attaque visait apparemment le groupe dissident kurde iranien Komala, faisant au moins neuf morts et plusieurs blessés, a rapporté un responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
L’Iran n’a pas immédiatement revendiqué cette attaque, mais s’en est déjà pris au Komala par le passé.
Toujours vendredi, un pétrolier a été pris pour cible alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz en empruntant la route la plus proche d’Oman, a indiqué l’armée britannique.
Le rapport du Centre britannique des opérations de commerce maritime indique que le navire a subi des dommages mineurs et qu’aucun membre d’équipage n’a été blessé.
Source : https://lactualite.com/actualites/les-etats-unis-et-liran-frappent-des-infrastructures-civiles/
Rejoignez la discussion